De branches ou de racines

08 novembre 2020

E comme...Elvire

Pour moi, Elvire n'est pas une ancêtre directe mais la soeur de ma grand-mère maternelle. Comme je suis très attachée particulièrement attachée à ma famille maternelle, par qui j'ai commencé la généalogie, j'ai aussi eu envie de parler d'Elvire.

En 1915, en pleine 1ère guerre mondiale, Marguerite, mon arrière grand-mère attend un enfant. La jeune future maman n'a que 19 ans, jeune mariée de l'an passé. Sa tante maternelle, qui vit avec elle et qui l'a toujours élevée depuis son plus jeune âge, lui souffle le prénom d'Elvire, un prénom qu'elle aime bien.

La tante a-t-elle lu le poème de Lamartine A Elvire ou bien connait-elle la passion du poète, dans sa jeunesse, pour une jeune femme qu'il a sauvée de la noyade sur le lac du Bourget ? A-t-elle trouvé son destin tragique romantique ?

(source : réunion des Musées Nationaux)

Ce qui est sûr, c'est que j'ai découvert il n'y a pas si longtemps que la tante en question avait elle-même eu une petite fille nommée Elvire, un bébé qui malheureusement n'avait vécu que 8 mois. 

Notre Amalie Apolline Elvire naît donc le 17 mai 1915 à Kingersheim, village aujourd'hui dans la banlieue de Mulhouse (Haut Rhin). C'est toujours le dernier prénom qui sera utilisé dans la famille.

La période ne se prête pas aux photos, les temps sont trop troublés, aussi ne connait-on pas de photos d'Elvire bébé ou petite fille. Les premières photos montrent une jeune fille dans les années 1932

Elvire LEDY

(source : album de famille)

Elvire, comme sa soeur Marie-Louise est une jeune fille espiègle, souriante, qui aime rire, coquette et qui est la confidente de sa mère. Leur soeur cadette Paulette est plus timide et réservée, quant à l'unique petit frère Jean-Jacques, c'est un garnement malicieux qui fait bêtise sur bêtise.

La famille va déménager à de nombreuses reprises avant la guerre et pendant la guerre.

Elvire se marie très jeune, à 21 ans, elle est majeure et se passe de l'avis de ses parents qui voient pas d'un bon oeil son mariage. Qu'à cela ne tienne, elle se marie sans eux. 

Tout aussi courageusement, elle finira par élever seule son unique fils né pendant la 2ème guerre mondiale. Maman divorcée pour l'époque, cela n'était pas si courant et sûrement pas si bien vu, mais elle est volontaire, déterminée et aussi autonome qu'il est possible de l'être pour une femme avant mai 1968.

Elvire Brunstatt

(source : album de famille)

NB : les aventures de la famille LEDY feront prochainement l'objet d'un livre en cours d'écriture !

 

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06 novembre 2020

D comme...drapier

Oui, je sais, ce n'est pas un prénom, mais voilà, je n'ai pas d'ancêtres directs dont le prénom commence par la lettre D, alors j'ai tapé dans les professions et j'ai jeté mon dévolu sur celle-ci d'autant plus que l'ancêtre concerné nous offre une situation un peu inédite en matière de généalogie.

Jean Michel MINTZIOR est installé à Sarreguemines (Moselle) en 1722, du moins, il s'y marie avec Catherine. La date de naissance du couple n'est pas connue, mais on peut vraisemblablement estimer qu'ils sont nés au début du 18ème siècle, ou à la fin du 17ème.

Jean Michel exerce la profession de drapier. Voyons un peu de quoi il s'agit. Son activité consiste à fabriquer des draps et à les vendre. Depuis le Moyen-Age, cette profession est exercée par de riches corps de marchands. Le drapier achète du drap grossier auprès des tisserands et le transforme en produit fini. Drapiers et tisserands font partie de la même corporation. Son emblème : de larges ciseaux et voici ses outils de travail 

drapier par Wentzel

(source Gallica : les outils du drapier par l'imagier Jean Wentzel)

Un matériel qui demande de l'espace.

Jean Michel est peut-être né au Luxembourg, son père en est originaire en tous cas. Le Luxembourg n'est qu'à une centaine de kilomètres de Sarreguemines.

Le couple aura au moins trois enfants et là réside un drôle de détail, mais non des moindres.

Leur fille Catherine donnera naissance à la branche Kleinholtz (ma branche maternelle), leur fils Antoine se marie avec Madeleine Galle, la fille de nos ancêtres côté Debra (branche paternelle). Une curieuse coïncidence fait que 2 siècles plus tard, les descendants de ces Mintzior et de ces Galle se marient ensemble.

Jean Michel meurt en 1786, peu de temps avant la Révolution. Sa femme Catherine est décédée 6 ans auparavant. C'est d'ailleurs son acte de décès qui m'a mise sur la piste du lien entre les deux branches, car j'ai trouvé cet acte sur la commune de Sarrewerden, située dans le Bas-Rhin, juste de l'autre côté de la frontière avec la Moselle. Sarrewerden étant une des communes de ma branche paternelle.

 

 

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05 novembre 2020

C comme...Célestine

Pendant l'hiver rigoureux de 1893, le 16 janvier très exactement à une heure de l'après-midi, une petite  fille ouvre les yeux sur le monde pour la première fois.

Ses parents la nomment Marie Célestine 

Le couple vit simplement, de la terre, en louant leurs bras comme journalier certaines années pour le père Joseph. Ils sont sans doute très pieux car toutes leurs filles auront un prénom double précédé de celui de Marie : Marie Thérèse pour l'aînée, Marie Célestine, Marie Joséphine, Marie Catherine, Marie Rosalie, Marie Julie. Quant aux garçons, il y en aura trois : Joseph, François Xavier et Antoine, qui rappellent les prénoms de trois Saint bien connus. Les enfants se succèdent presque chaque année entre 1892 et 1902.

Tout ce petit monde vit à Wittersheim, Witterschè en alsacien, à quelques kilomètres au sud ouest de Haguenau. Catholiques et juifs se cotoyent en bonne entente dans le village où chacun a son lavoir. D'un côté une enfilade de deux bassins réservés au Juifs font face à une enfilade de trois bassins réservés aux catholiques, on ne lave pas son linge dans la même eau tout de même !

Wittersheim — Wikipédia

(source : Wikipedia)

Jadis, la source qui alimente les bassins coulait entre les bans des communes de Huttendorff et Wittenheim et une bataille juridique s'engagea pour en obtenir la propriété. C'est alors qu'un 4 juillet, jour de la Saint Ulrich, la source changea subitement et définitivement de site, coulant nettement sur le territoire de Wittersheim. En remerciement, la commune la baptisa du nom du saint du jour, nom qui fut ensuite donné à l'église.

Est-ce pour aider ses parents et subvenir aux besoins de la famille ou pour n'être plus à leur charge, Célestine se place comme servante en ville, à Strasbourg, c'est un énorme changement d'environnement pour elle qui vient de la campagne. C'est l'emploi qu'elle occupe en 1920. Elle a 27 ans, ce n'est plus une toute jeune fille et elle se marie avec un veuf Edouard Debra. Ce dernier vient tout juste de perdre son épouse 6 mois plus tôt et la malheureuse est morte en mettant son enfant au monde. Le veuf reste seul avec un nourrisson sur les bras. Edouard est bel homme, il est ouvrier de chemin de fer, un emploi sérieux et stable. 

Célestine signe au bas de l'acte de mariage 

Un frère d'Edouard et un frère de Célestine sont témoins à leur mariage célébré à Strasbourg alors que la coutume voudrait que le mariage se fasse dans la commune de l'épouse. Les nombreux frères et soeurs des époux, la mère d'Edouard (son père est décédé) qui habite Wasselonne et les parents de Célestine, restés à Wittersheim font-ils le voyage pour être de la noce ? Probablement.

L'histoire ne nous dit pas où Edouard a fait la rencontre de la petite servante alors domiciliée 10 rue du Général Gouraud à Strasbourg, dans un immeuble alors très récent.

(source : google map)

Pour qui Célestine travaille-t-elle ? Mystère ! Elle est sans doute logée dans une chambre de bonne. Son mariage la fait déménager chez son époux qui occupe une charmante petite maison rose à Schiltigheim, 12 rue Principale.

schiltigheim

 ( source : google map)

Vaillamment, la jeune femme prend le ménage en main, s'occupant d'un bébé qui n'est pas le sien et d'un époux qu'elle connait à peine.

A la fin de l'année suivante, en 1921, quelques jours après Noël, Célestine met au monde son premier enfant qu'elle appelera Joseph. L'enfant porte le prénom de ses deux grands-père. Puis trois ans plus tard, une petite fille vient au monde, appelée Marthe.

La famille continue d'habiter la petite maison alsacienne située dans un quartier tranquille qui garde des allures de village.

edouard et célestine DEBRA3

(source : Pierre Felden)

Voici l'unique photo du couple : Edouard et Célestine, sans doute du temps de leur mariage ou peu après.

Les parents de Célestine se font âgés, mais en 1928, le couple est cité dans le Journal Officiel de la République Française pour avoir eu la médaille d'argent de la famille française reçue pour leurs 8 enfants (8 en vie, mais 9 au total) et c'est peut-être à cette occasion que les vieux parents se font prendre en photo avec tous leurs enfants.

reinbold freyhuber - Copie

 (source : Angèle Atzenhoffer)

Au premier rang au centre : Marie Salomé Freihuber et son époux Joseph Reinbold qui ont environ 67 et 70 ans

Entourés de leurs enfants : (1) Julie, (2) Thérèse l'ainée, (3) Xavier qui restera célibataire et deviendra cordonnier, (4) Joséphine qui partira comme gouvernante en région parisienne, (5) Joseph, (6) Catherine, (7) Rosalie célibataire et (8) Célestine.

La photo n'est pas prise après 1930 car le papa décède. La photo est sans doute prise dans la maison familiale, à Wittersheim et pour l'occasion, la maman pose en costume alsacien dont la jupe est de toute beauté.

J'ai quelques doute sur l'identité des filles, car Joséphine et Catherine qui paraissent être parmi les plus jeunes sur la photo, ont été identifiées comme étant les soeurs les plus âgées et au contraire l'aînée des filles Thérèse a été identifiée sur la photo comme étant la jeune femme en 2. Or en 1928, elle avait déjà 36 ans, âge que la femme numérotée 2 ne parait pas avoir.

Le 3 septembre 1939, la 2ème guerre mondiale éclate. La veille déjà, alors que les militaires s'installent sur la ligne Maginot, les Alsaciens sont évacués vers des centres de regroupement. Strabourg est vidée de ses habitants en un temps record, tous partent en laissant tout derrière eux, les villages à la frontière avec l'Allemagne sont évacués.

30 Photos de Strasbourg, ville fantôme pendant la drôle de guerre (1939-1940) Kuriocity Strasbourg

(source : curiocity)

Edouard et Célestine avec leurs trois enfants décident de rejoindre Wasselonne, ville natale d'Edouard où il a encore un frère. Malheureusement, c'est le drame qui se produit. Edouard meurt à peine plus d'un mois après la déclaration de guerre, à Wasselonne.

Célestine se trouve dans une situation financière difficile, elle sollicite de la mairie de Wasselonne une subvention pour faire face au décès de son époux. La réponse est favorable.

(source AD67 : dossier de combattant d'Edouard Debra)

L'enterrement va lui coûter 142 francs anciens, et elle n'a pas les moyens de faire rapatrier le corps à Schiltigheim, ou peut-être Edouard a-t-il souhaité être inhumé à Wasselonne.

Les Alsaciens évacués sont sommés de rentrer au bercail par les Allemands, Célestine retourne à Schiltigheim mais elle n'a vraisemblablement plus la possibilité de vivre dans la petite maison. Elle déménage quelques rues plus loin, dans un petit immeuble 21 rue d'Alsace.

Son fils Joseph entre en résistance, de même que sa fille Marthe, mais cela, c'est une autre histoire que je vous conterai plus tard !

Célestine aura le bonheur de marier sa fille en 1944, son fils en 1947, mais la pauvre femme s'éteint brutalement trois ans après la guerre. Une tumeur au cerveau la foudroye à 55 ans. Elle était une de mes arrière-grand-mère.

NB : j'espère que les cousins issus de cette branche se rapprocheront de moi s'ils ont d'autres photos ou des renseignements sur la vie de Célestine, de ses frères et soeurs, etc ou s'ils veulent en savoir plus que je n'en raconte !

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03 novembre 2020

B comme....Barbe

 

Dictons de la Ste Barbe + grille prénom ! - Flânerie au Fil des Saisons

Preuve que ce prénom féminin existe bien en tant que tel, car lorsque je l'ai rencontré dans mon arbre la 1ère fois, j'ai pensé que cela pouvait être la contraction de Barbara. Elles sont 11 à le porter, mais celle dont je vais vous parler, c'est Barbe Pratt, la mère d'une de mes arrières grand-mère.

Barbe naît le 30 mars 1856 sous l'Empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie. Ses parents habitent Sarreguemines et le père travaille comme ouvrier en cailloutage dans la faïencerie. L'enfant est bien déclarée en mairie sous le prénom de Barbe et non Barbara. La famille, les parents et les deux grandes soeurs, loge rue des Espagnols au numéro 14 non loin de la gare.

Va-t-elle à l'école ? Suffisamment pour apprendre à écrire ou du moins signer son nom. Elle n'a que 7 ans quand son père décède à seulement 35 ans, d'accident ou de maladie, laissant son épouse seule pour élever 4 filles. L'aînée n'a pas dix ans et la dernière née seulement cinq ans.

La première photo que nous ayons montre la fratrie de filles entourant la mère

KLEINHOLTZvéronique63 et filles

En haut à gauche, Véronique, puis Marguerite, et en bas à gauche Barbe, puis la mère Véronique, puis l'ainée des filles Marie Anne.

Une photo prise avant 1878 et toutes les soeurs pourraient bien être déjà mariées car toutes se sont mariées très jeunes, bien avant leur majorité (qui à l'époque était à 21 ans). Les vêtements sont de belle qualités, les soeurs ont toutes des bagues, des chapelets, des broches, des boucles d'oreille, il semble donc que toutes ces femmes ne vivaient pas dans la misère malgré l'absence d'un père depuis de nombreuses années. Toutes se marieront avec des hommes de leur statut social car en ces temps, on ne dérogeait pas à la règle, on restait dans son milieu.

Barbe se marie à 17 ans avec Jacques Kleinholtz, un serrurier plus âgé qu'elle de neuf ans. Nous sommes alors en 1874, la guerre de 1870 a déjà fait quitter l'Alsace et la Moselle du giron de la France et visiblement, Barbe et son mari ont opté pour l'Alsace puisqu'ils se marient à Sarreguemines.

Alors pourquoi partent-ils subitement à Paris après la naissance de leurs deux premiers enfants, abandonnant définitivement leur famille ? 

Ceci, je vous le conterai dans un livre, car il faudra bien un livre pour poursuivre cette saga familiale avec bonds et rebonds.

 

...Suite à demain avec la lettre C....

 

 

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02 novembre 2020

Challenge AZ

Un petit challenge qui tombe bien en cette morne période de reconfinement pour me booster et m'obliger à ressortir mes ancêtres des classeurs où je les ai rangés et les redécouvrir.

Challenge qui consiste à écrire un post par jour, sur le thème de la généalogie, en utilisant les lettres de l'alphabet. J'ai choisi les prénoms de mes ancêtres.

A comme Abraham

Si Abraham est un prénom d'origine hébraïque qui fait référence au patriarche et personnage central de la Torah, le mien d'Abraham, est nettement moins vieux que le personnage biblique et a priori ne semble pas être hébraïque mais plutôt protestant. D'où le prénom, inspiré de l'Ancien Testament.

Abraham donc, est né dans l'Outre Forêt (j'aime ce terme !), cette région naturelle à l'extrême nord de l'Alsace, proche de la frontière avec le Palatinat, sous le règne de Louis XV.

Je ne sais pas grand chose de lui, car il est né au début du 18ème siècle, quelque part près de Niedersteinbach sans doute, un coin montagneux et très boisé.

village de Niedersteinbach - Photo de Hôtel Restaurant Au Cheval Blanc, Niedersteinbach - Tripadvisor

Niedersteinbach et sa petite église blanche dédiée à St Gall


Son père s'appelait Isaac, toujours un prénom d'origine hébraïque, toujours une inspiration biblique, sauf que dans la bible, c'est Isaac qui est fils d'Abraham et non l'inverse !

Sur cette branche là, ce sont mes deux ancêtres les plus anciens, je ne remonte pas plus loin.

Mais revenons à Abraham, qui lorsqu'il se marie le 15 novembre 1730 à Niedersteinbach  avec Dorothée, exerce la profession de boucher, comme papa.

(source AD67 : acte de mariage)

Les actes à cette époque sont en allemand bien que l'Alsace soit française depuis 1648 (seulement). La région est morcellée en de multiples seigneuries. L'Alsace a deux capitales : Colmar, capitale de Haute Alsace et Strasbourg, ville royale et rhénane. L'Alsace est bilingue ! Le français est parlé par les élites et devient la langue du pouvoir, mais l'allemand demeure la langue officielle à Colmar, Saverne et Strasbourg et bien sûr, dans l'Outre-Forêt, fortement protestante et où les habitants parlent la langue de leurs seigneurs, Allemands !

Au 18ème siècle, le château fort du Wasigenstein debout depuis le 13ème siècle, n'est sûrement pas encore en ruines !

Château du Wasigenstein — Wikipédia

(source : Wikipedia)

Le couple aura au moins deux enfants et quand Dorothée meurt en 1762 âgée de 54 ans dans le petit village de Rott (autre village de l'Outre-Forêt à 20 km à l'Est de Niedersteinbach), Abraham est déjà décédé.

 

J'espère vous avoir donné envie de découvrir ou redécouvrir vos ancêtres, leur lieu de vie et pourquoi pas, l'Alsace ? RDV demain j'espère pour un nouvel épisode.

 

 

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21 février 2020

Recherches cadastrales

L'histoire des maisons et de leurs propriétaires est une de mes spécialités.

Celle de votre maison ou de la maison d'un de vos ancêtres vous intéresse, vous voulez savoir où se situait la maison de vos ancêtres ?

Je vous aide également à décrypter les documents du cadastre, de matrice et d'état de section.

 N'hésitez pas à me contacter, je peux tout particulièrement consulter le cadastre dans le département du Rhône, les départements limitrophes ainsi que le cadastre alsacien.

P1120326 (2)

 (cadastre de Rott, département du Bas-Rhin, AD67)

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06 février 2020

nouveau livre

Depuis mai dernier, un projet assez titanesque m'a occupée : reccueillir les souvenirs des habitants de mon village sur la période 1930-1960. Sachant que les plus âgés qui sont encore en mesure de transmettre la mémoire du village ont plus de 90 ans, il me semblait urgent de réaliser une collecte de souvenirs et de faire dater et annoter les photos de classe, de conscrits que je pourrais me procurer.

Avec toute une équipe, nous sommes allées à la rencontre des gens, au fil des mois, noircissant des pages et des pages d'un cahier. L'étape suivante a été de compléter cette récolte par des recherches dans les archives, de légender et de dater les documents que l'on voulait bien me donner. Puis enfin de retranscrire les souvenirs, les replacer dans le contexte d'une époque, les mettre en forme afin de transmettre cette mémoire collective aux générations futures.

Un formidable projet, des rencontres inoubliables qui m'ont appris à connaître les habitants, le village, leur histoire. Beaucoup d'émotions.

Et le livre, enfin, après 10 mois de travail, qui vient concrétiser le projet.

Disponible sur le site : the book edition

Souvenirs de Blacéens, 1930-1960 - Delphine GURLIAT

N'avez-vous jamais eu l'envie de remonter le temps ? Guidée par la voix de ses habitants, je vous propose de découvrir la vie dans le village de Blacé, petit village du Beaujolais, des années 1930 à 1960, à travers leurs souvenirs et les nombreuses illustrations.

https://www.thebookedition.com

 

img souvenirs-de-blaceens-1930-1960

 

 

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07 avril 2019

Ancêtres insaisissables

J'imagine que nous en avons tous, de ces ancêtres que l'on croyait tenir et qui tel un poisson, nous glissent finalement entre les doigts !

Ces dernières semaines, pas moins de deux se sont évaporés. Mon ancêtre Jean, qui quand j'ai voulu vérifier son acte de décès, est avéré n'être pas du tout mort à la date que j'avais notée dans mon logiciel.

Une tante Emma qui finalement avait une soeur homonyme et que j'ai allègrement mélangé pour n'en faire qu'une. Et si cette Emma que je tenais pour la bonne est morte à 9 jours, Emma ne peut pas être ma tante Emma !

Il arrive que l'on reprenne des informations sur nos ancêtres sur des sites en ligne lorsque l'on ne peut pas chercher soi-même. C'est ce qui s'est passé pour mon ancêtre Jean et pour la tante Emma. Les archives de Moselle, de Paris et du Haut-Rhin n'étaient pas en ligne à l'époque où j'ai fait des recherches sur eux (et oui, j'ai commencé la généalogie bien avant la mise en ligne des registres !). Aujourd'hui, reprenant les recherches pour les confirmer, je trouve des erreurs.

Que faire lorsque ce que l'on tenait pour acquis s'échappe ?

ROUVRIR L'ENQUETE !

Résultat de recherche d'images pour "sherlock holmes"

1) reprendre et lister tout ce que l'on sait de l'individu, TOUT

2) chercher les preuves, TOUJOURS (ça évite les erreurs et de partir sur de fausses pistes)

 

Les faits

Alors Emma par exemple : 

- en 1923 elle est nommée comme témoin à un mariage, habite rue de Neuilly à Rosny sous Bois et est sans profession. 

 

On ne connait pas son âge et le lien familial n'est pas précisé, mais son domicile est le même que le père du marié.

Or dans mon arbre, je n'ai que deux Emma et toutes les deux sont les grands-tantes paternelles du marié.

L'une est née en 1844 mais est morte à 13 mois. On élimine.

L'autre est née en 1850 et aurait 73 ans en 1923. C'est donc elle que j'ai choisi. La tante habite avec son neveu, et assiste au mariage de son petit neveu, pourquoi pas ? Cohabiter avec un membre de sa famille n'était pas rare à l'époque. Ca se tient jusque là.

Sauf que....hier, en reliant les actes d'état civil à mon arbre (chose que je n'ai pas fait au fur et à mesure mais que je fais désormais petit à petit), je me suis rendue compte que cette 2ème Emma née en 1850....est elle aussi décédée en bas âge, l'année de sa naissance !

Alors je me demande QUI EST EMMA ? Je n'en ai pas d'autres en stock. Y aurait-il eu une 3ème Emma ? Ou bien a-t-elle un tout autre lien de parenté ?

Armand Kleinholtz et ses enfants

 

Emma à gauche, vers 1917.

Ce qu'il faudrait

- trouver l'acte de décès d'Emma, peut-être à Rosny (dernier domicile connu) après 1923 pour avoir une filiation

- vérifier dans les TD s'il y a eu naissance d'une 3ème Emma, peut-être entre 1850 et 1854

 

 

 

 

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03 avril 2019

des pépites sur Gallica

Utilisez-vous Gallica ? Y avez-vous déjà découvert des pépites pour votre généalogie ? J'avoue que le site demande un peu de prise en main, mais il m'arrive régulièrement d'y faire de belles trouvailles inespérées.

C'est ainsi qu'il y a quelques mois, j'ai fait une recherche toute bête en tapant simplement en haut dans le champ de recherche, un des patronyme favori de ma généalogie, à savoir "Kleinholtz"

  Capture

  Ca va, il n'y a que 5 pages de résultats. Pour la plupart, je les connais déjà car je vais régulièrement sur Gallica et je refais souvent les recherches à partir des mêmes mots clefs (qui peuvent être un patronyme ou un nom de lieu par exemple). Gallica met à jour le site en fonction des numérisations. Il faut donc y retourner souvent et ne jamais désespérer.

Cette fois, un nouveau résultat a attiré mon regard (où peut-être était-il passé inaperçu les dernières fois), tiré d'un bulletin historique de Mulhouse, de 1931 (oui, c'est pas tout jeune !). En ouvrant le document à la page 76, l'auteur y parle d'un certain Edouard KLEINHOLTZ, sergent de 1ère demie section. En revenant au début de l'ouvrage, je vois que le sujet en est la guerre de 1870. Le nom et la date font tilt. Il pourrait fort bien s'agir du frère de mon bisaieul !

Bingo ! Les dates, les lieux correspondent, les Kleinholtz n'ont pas foison d'homonymes, le patronyme est rare en France et jusqu'à présent, tous les KLEINHOLTZ que j'ai pu trouvé font partie de ma famille.

Ce document me permet de découvrir un pan de sa vie que je ne soupçonnais pas. En 1870, Edouard a tout juste 24 ans et va être impliqué dans le conflit de 1870. Etant mobilisé, il suit son régiment jusqu'à Lyon pour être regroupé en légions de marche. Belfort étant investi, ils vont passer par la Suisse, pour ressortir à Bellegarde (Ain) et Lyon. Ils seront cantonnés à Villefranche sur Saône. Ils y resteront 4 mois avant de retourner sur Mulhouse.

La guerre prend fin le 10 mai 1871, la France perd l'Alsace et la Moselle.

Cerise in the cake....le document présente une photo du groupe avec quelques militaires

Edouard KLEINHOLTZ assis milieu - Copie

 et je découvre le visage d'Edouard qui m'était inconnu, au 1er plan, au milieu

Edouard KLEINHOLTZ

 Je trouve qu'il y a une nette ressemblance avec son frère Jacques (mon bisaieul), pas vous ?

père de Marguerite

N'hésitez plus à fouiller sur Gallica, ça peut être payant, même si l'on ne trouve pas toujours ce que l'on cherche ou trouve parfois ce que l'on ne cherche pas !

Grâce à ces informations, j'ai appris :

- qu'Edouard avait été mobilisé, je vais donc pouvoir chercher d'autres traces de sa mobilisation dans les archives

- qu'il n'a pas fait la guerre, mais juste été en manoeuvre

- qu'il n'a pas opté pour la France

et surtout, j'ai découvert son visage car nous n'avions pas de photos de famille le concernant.

Sur Gallica, vous pouvez trouver vos ancêtres au détour :

- des bulletins de lois (pour les médailles etc)

- de la presse (certains ont pu faire l'objet de faits divers ou autres)

- des publications savantes régionales

et de tout un tas d'autres documents numérisés par la BNF. J'en ai mis certains en lien sur ce blog, classés selon des thématiques, en marge de gauche.

 

 

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14 novembre 2018

Une vie au 18ème siècle

Si vous avez lu mon dernier post, vous savez que j'ai décidé de revisiter ma généalogie de façon aléatoire. Rien ne vaut donc un bon tirage au sort pour éviter le favoritisme !

 random

En rentrant les chiffres de 1 à 1023 qui correspondent aux sosas de mes ancêtres de moi à la 10ème génération, j'ai obtenu le n°305. Numéro impair, on sait déjà qu'il s'agit d'une femme. Qui est-ce ?

Marguerite LEY

A première vue, j'ai toutes les infos la concernant, mais a priori pas grand chose à dire sur elle ! On pourrait dire qu'elle fait partie de la vaste légion des invisibles que nous avons tous dans notre généalogie : des individus qui sont nés, se sont mariés et sont morts sans laisser de trace, sans faire de bruit. Mais est-ce vraiment le cas ?

Marguerite est une femme du XVIIIème siècle. Elle naît le 20 février 1745 en Alsace. Son nom est ortographié LAY en marge de l'acte, mais LEY dans le corps de l'acte. Son père, un maçon,  signe LEY, c'est donc cette orthographe que je retiens. C'est la 6ème et dernière enfant du couple. Apparemment, ni son parrain ni sa marraine ne semble être en parenté proche avec elle, comme c'était parfois le cas à certains endroits.

Impossible de savoir quelle a été son enfance, l'époque est trop lointaine. A part l'imaginer jouant avec les enfants du village tant que son âge le permettait puis aidant ses parents aux travaux de la maison plus tard, difficile d'avoir une image plus précise. Elle n'a pas connu ses grands-parents morts quelques années avant sa naissance.

Son père décède trois ans avant son mariage.

Une noce dans le Kochersberg

(source Gallica : une noce dans le Kochersberg)

A 23 ans, elle se marie avec un gars du village qui a 10 ans de plus qu'elle. Nous sommes le 10 janvier 1769. Difficile d'imaginer que ce soit elle qui ait choisi son compagnon de route, d'ailleurs à cette époque, ce n'était pas à l'ordre du jour ! Ses parents, ou du moins sa mère ont sans doute choisi pour elle. Elle était la première épouse de son mari, s'il l'a épousée si tard, peut-être était-il parti servir l'armée du roi ? C'est un cordonnier, soit du même niveau social que le père de Marguerite. Marguerite n'est sans doute pas beaucoup allée à l'école, ou pas du tout car elle ne sait pas signer au contraire de son mari. Elle appose donc une simple croix au bas de l'acte. 

signature

Elle tombe tout de suite enceinte et accouche de son premier enfant, un fils (mon ancêtre direct), en octobre de la même année. 11 enfants en tout naitront de ce couple de 1769 à 1787 dont seuls deux décèdent en bas âge. Après le garçon, ne naîtront que des filles !

Au terme de sa vie, elle a encore le temps de voir passer dans son village l'affreux Euloge Schneider, ancien moine franciscain devenu accusateur auprès du tribunal criminel de Strasbourg et la guillotine.

Bien que plus jeune que son mari, c'est elle qui décèdera la première à 53 ans (son acte la vieillit de 3 ans, il faut dire qu'à l'époque, ce n'était pas à un cheveu près, on ne fêtait pas les anniversaires, alors un ou deux ans de plus ou de moins, quelle importance....), après une vie de labeur et d'enfantement, le 20 janvier 1799 (ou 1er pluviose de l'an 7). Elle s'éteint avec son siècle après avoir connu les bouleversements causés par la Révolution.

 

Peut-être avez-vous remarqué que je n'ai pas parlé précisemment du lieu ou elle est née et a vécu....C'était voulu ! Vous êtes-vous déjà penché plus avant sur les lieux de vie de vos ancêtres ? 

Marguerite a vécu à Wingersheim, village du Kochersberg, une des régions les plus riches d'Alsace. Un village qui compte 910 habitants en 1793

Elle aura connu l'église St Nicolas dont la tour médiévale date du XIIIème ou XIV siècle. La nef et le coeur datent de 1768, soit un an avant le mariage de Marguerite. Et c'est dans les fonds baptismaux de 1698 qu'elle a été baptisée. Tout au long de sa vie, nul doute qu'elle alla à la messe le dimanche, elle aura vu tous les beaux ornements à l'intérieur de l'église.

Son fils et son petit-fils continueront d'habiter le village jusqu'à ce que ce dernier le quitte pour trouver femme ailleurs.

wingersheim2

 

Ce que m'a apporté la redécouverte de cette ancêtre ?

- j'ai pu mettre par écrit, de façon claire, les évènements de sa vie et les replacer dans le contexte historique

- vérifier que j'avais bien tous les actes papier la concernant et profité pour rechercher les actes directement sur le site des archives, noter la source dans mon logiciel et garder une trace des actes sur informatique

- à défaut de photo de mes ancêtres, j'ai récupéré les signatures 

 

Recherches complémentaires à faire :

- pousser les recherches sur l'histoire de la commune

- trouver à l'aide du cadastre l'emplacement de la maison de Marguerite

- chercher des actes notariés qui donneraient plus d'info sur son mode de vie et son niveau social

 

 

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